Flaubert

Publié le par ML2C

Le dernier café littéraire à Villon avait pour thème : Gustave Flaubert.
Bien sûr vous pouvez nous dire que cela est un peu convenu, que Flaubert est bien classique, académique peut-être, très "littérature en cours de français"...
Oui mais l'auteur méritait bien que l'on discute sans contraintes de ses personnages aux allures si banales, aux pensées médiocres, aux "petites vies". Car nous sommes tous d'accord aujourd'hui sur ces personnages d'Emma Bovary à Pécuchet qui tentent en vain de vivre une existence extra...ordinaire mais qui n'y parviennent jamais.
Ecrire sur le rien, voilà ce que serait la devise de Flaubert.
Mais alors nous nous opposons. Certains vantent la drôlerie qui nait de ces situations si ennuyeuses, les autres disent l'ennui justement.
Quel intérêt ? Quel interêt peuvent avoir ces personnages ?
Une madame Bovary est-elle enthousiasmante ? Non et cependant elle fascine dans ses excès. Charles Bovary qui est une critique à lui seul de la médiocrité gagne cependant  en sublime au fil de l'ouvrage. On note dans tous ces caractère les définitions du genre humain. Sarah et Cyril déplorent que Salambo soit au contraire si dépourvu d'humanité.

On s'interroge alors sur son écriture et l'on remarque le travail "artisanal" de Flaubert. Il travaille la matière.
Dans une de ses lettres à Louise Colet voilà comment l'écrivain parle de son travail  sur chaque phrase:
"Quant à moi je les ai tellement travaillées, recopiées, changées, maniées, que pour le moment je n'y vois que du feu. Je crois pourtant qu'elles se tiennent debout. Tu me parles de tes découragements : si tu voir les miens ! Je ne sais pas comment quelque fois les bras ne me tombent pas du corps, de fatigue, et comment ma tête ne s'en va pas en bouillie."

Quelques extraits lus des extraits de correspondance de Gustave Flaubert ("Préface à la vie d'écrivain ou extraits de la correspondance, ed. du Seuil, 1963)

"Ce qui me semble beau, ce que je voudrais faire, c'est un livre sur rien, un livre sans attache extérieure, qui se tiendrait de lui-même par la force interne de son style, comme kla terre sans être soutenue se tient en l'air, un livre qui n'aurait presque pas de sujet ou du moins où le sujet serait presque invisible, si cela se peut. Les oeuvres les plus belles sont celles où il y a le moins de matière, plus l'expression se rapproche de la pensée, plus le mot colle dessus et disparait, plus c'est beau. Je crois que l'avenir sur l'Art est dans ces voies." (1852)

"Quelle chienne de chose que la prose ! ça n'est jamais fini; il y a toujours à refaire. Je crois pourtant qu'on peut lui donner la consistance des vers. Une bonne phrase de prose doit être comme un bon vers, inchangeable, aussi rythmée, aussi sonore. Voilà du moins mon ambition." (1852)


Pourquoi aime-t-on autant Flaubert ?
Parce qu'à sa lecture nos vies prennent plus d'éclat qu'elles n'en ont réellement.

Zola commentait ainsi l'oeuvre de son aîné : "Il semble venu après ces années de fécondité fiévreuse, après l'effroyable avalanche de livres écrits au jour le jour, pour rappeler les écrivains au purisme de la forme, à la recherche lente du trait définiif, au livre unique, , où tient une vie d'homme"





Publié dans Comptoir

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