café médiathèque : la liberté de pensée en littérature

Publié le par ML2C


Samedi 5 avril, les buveurs de café avait rendez-vous à la médiathèque des Mureaux pour un petit déjeuner littéraire. C'était le 3ème rendez-vous après "la littérature pour adolescents" où il fut débattu sur la question : existe-t-il une littérature pour adolescents ? Le 2ème rendez-vous était autour des "genres littéraires".

Ce samedi l'expression était donc encore plus libre.

Voici quelques questions soulevées auxquelles nous avons tenté de répondre :
Jusqu'où va la liberté d'expression ? Quand franchit-on les limites ?
Est ce que le droit de l'écrivain et peut-être son devoir n'est pas de bousculer le lecteur ?
L'acte d'écrire devient-il un acte politique ?

On constate que les romans de Science Fiction qui dénoncent parfois de manière violente les sociétés dans lesquelles nous vivons, sont rarement censurés, sans doute parceque leur nature même positionne les personnages dans un monde irréel. Alexandre nous précise que certains ouvrages notament le "nécromicron" de Lovecraft ont été interdits.
On cite dans ce genre:
"Cité Vérité" de James Morrow qui décrit une utopie totalitaire dans laquelle le dogme de la Vérité est imposé à tous.
"Fahrenheit 451" de Ray Bradbury qui dénonce la censure littéraire
Et biensûr "1984" de Georges Orwell et "le meilleur des mondes" d'Aldous Huxley, deux grands classiques dont la mise en perspective avec nos sociétés actuelles nous questionnent jusqu'au malaise.

Parmi les écrits de fiction dont la démarche d'écriture est dictée par une volonté politique :
Les ouvrages de Salman Rushdie et d'Ohran Pamuk.
On cite également le pamphlet parfois outrancié : "supplément au roman national" de Jean-Eric Boulin, paru en 2006 et figurant sur la liste du Goncourt cette année là.

Peut-on alors écrire sur tout ?
Il semble que certaines périodes récentes dont la seconde guerre mondiale et particulièrement la Shoah, sont toujours sensibles. Ainsi "acide sulfurique" d'Amélie Nothomb qui dénonce la télé réalité en osant un parallèle avec les camps de concentration a fait débat, polémique même;
Cette polémique dont certains auraient aimé la voir aller  jusqu'à la censure n'a pas empêché le succès en libraire de l'auteur. On se demande alors si la perspective d'une censure officielle ou tacite n'est pas utilisé par les éditeurs pour "booster" les ventes des romans. On cite ainsi le cas Houellbecq dont la sortie de "l'impossibilité d'une île" faisait débat bien avant sa lecture.
La question de la diffusion est d'ailleurs essentielle. Les buveurs de café estiment tous que l'on peut tout écrire mais que tout n'est pas à lire. Sur ce point les échanges sont vifs. Comment doit-on diffuser ? Et doit-on tout diffuser ?
Il s'agit là de l'appréciation éditoriale de chaque maison d'édition et alors qui doit être condamné celui qui exprime son opinion - nous pensons que chacun a le droit à avoir ses opinions - ou celui qui diffuse largement cette opinion sans forcément se soucier de l'impact sur le lecteur parfois dommageable ?

Alors on en vient à dire que chacun ne trouve dans une lecture que ce qu'il est venu chercher. Chacun va vers les auteurs et les thèmes pour lesquels il est déjà convaincu. Cette question mise en avant par Alexandre fait débat notamment en ce qui concerne un public adolescent voire plus jeune.

Le lecteur est aussi auteur de l'ouvrage qu'il lit , par la lecture qu'il en fait.

On évoque l'enfer des bibliothèques publiques.

Et pour conclure on se demande si cela est plus puissant de dénoncer les erreurs ou les absurdités d'une société par le biais de la fiction ou faut-il pour cela écrire des ouvrages clairement politique ? On pense evidemment à Zola ou Hugo.
Mais dans ces descriptions de la société à travers la fiction, la lecture de Balzac ou de Flaubert est un exemple parmi d'autres. Jonnathan Swift est également cité.

Pour conclure Cécile, Emma et Sarah ayant cette année participé au Goncourt des lycéens on cite Philippe Claudel qui lors d'une rencontre avec les lycéens donne cette définition de la littérature : "un livre doit poser plus de questions qu'il n'y répond.

L'échange qui dura 1h30 nous laisse encore plein de questions, comme à chaque rencontre. Ce blog devrait nous permettre d'y revenir...

Publié dans Spécial

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Et pour garder un esprit critique face à la masse d'informations, deux sites : Acrimed http://www.acrimed.org/Agora vox http://www.agoravox.fr/<br /> Nous avions également abordé quelques autres ouvrages,  ceux de Ryu Murakami. Celui que j'avais cité Miso soup , mais tous sont une vision de la société japonaise actuelle et une dénonciation de sa violence.<br /> Nous avions également cité Flaubert et Baudelaire.<br />  Ouvrages d'un abord plus facile mais qui sollicitent la réflexion : la série Uglies de Scott Westerfield et La déclaration de Gemma Malley. Comment un groupe instaure un ordre, une dictature finalement, pour le bien de la collectivité. Dans les deux ouvrages on assiste à une négation de la pensée individuelle et les "héros" vont découvrir et développer leur esprit critique et apprendre à penser par eux mêmes.
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